Une journée au musée

5 Oct

Sur la colline de Ngaliema, au pied de l’ancien palais présidentiel de Mobutu se trouve un chouette musée présentant les traditions du Congo.

L’endroit en lui-même est fascinant, et chargé d’histoire, puisque c’est pratiquement ici-même qu’a eu lieu l’implantation coloniale, quand ce vieux grigou de Stanley embobina un chef local pour y fonder Léopoldville, souvenez-vous.

La baie de Ngaliema. Au 1er rang, les chantiers navals (objet d'un futur post), au fond, Kinshasa.

Un musée à l’ambition nationale pour un pays comme la RDC révèle tout de suite ses paradoxes : comme le rappelle une grande carte à l’entrée, le pays est une immense mosaïque de peuples aux cultures, langues, et patrimoines différents, isolés artificiellement de leurs voisins et frères par des frontières inventées. La visite passera donc d’un peuple ou d’une région à l’autre, sans transition. On s’y perd un peu, mais c’est pas grave.

La salle principale, sinon unique, du musée présente une large collection d’objets en bois. Ici, ni or, ni ivoire, il est sans doute trop compliqué d’exposer des objets ayant une valeur marchande. Les vitrines s’articulent autour des différents aspects de la vie traditionnelle : communication, rites de passage à l’âge adulte, vie sociale, symboles du pouvoir, loisirs… On voit des statues, des accessoires, des instruments divers et bien sûr un max de masques dont le style, il est toujours bon de le rappeler, a quand même joué un rôle un peu crucial dans l’art occidental du 20ème siècle.

Dans le parc nous attendent quelques monumentaux bronzes qui ornaient places et avenues de la colonie avant d’être déboulonnés par l’authenticité mobutiste, gardés au chaud on ne sait où, puis rénovés pour être exposés aux « touristes ».

Le tour en plein air s’achève par la visite du « Cimetière des pionniers », où reposent les premiers colons venus de Belgique (mais pas que) à la fin du 19ème siècle et morts jeunes, probablement de maladies alors inconnues en Europe, avant même d’avoir atteint l’âge de leur Christ, fait assez ironique, vu le nombre de Bibles qu’ils avaient sûrement apportées dans leurs bagages.

Deux éminents, quoique anonymes, représentants du corps enseignant du Lycée Français René-Descartes.

Le théâtre de verdure où, dit-on, notre Johnny national se serait produit.

Merci spécial à Monsieur Appollodorus pour avoir rendu cette visite possible.

A part ça tout va bien. Ces derniers jours quelques orages de la plus belle facture ont inauguré la saison des pluies ce qui, par un phénomène hydroélectrique qui tient quasiment de la sorcellerie, pourrait nous ramener l’électricité en ville (ou pas).

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